#25- Première Année de Maternité : La Transformation Invisible d’une Mère
Ma réflexion sincère et sans filtre sur ce voyage transformateur que fut ma première année de maternité.
Des nuits blanches, au rapport au corps, en passant par la reconquête de mon identité alors que tout changeait dans ma vie… cet épisode regorge de sagesse, de soutien et de conseils pour celles et ceux qui traversent la même expérience. Je te vois 😉
Podcast #25
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La magie invisible de la maternité : leçons tirées de ma première année
Introduction- le contexte que l’on néglige souvent
Avant de devenir mère, je ne comprenais pas à quel point le travail invisible de la parentalité pouvait remodeler chaque fibre de l’être. Je n’avais pas conscience des transformations profondes que je traversais. physiquement, émotionnellement et spirituellement. Si vous lisez ces lignes et ressentez quelque chose de particulier à votre sujet en ce moment, je vous invite à faire une pause et à observer le contexte qui vous entoure.
Quel est votre contexte ? Êtes-vous soutenu·e ou luttez-vous seul·e ? Quel est votre niveau d’énergie ? Quelles attentes placez-vous sur vous-même ? Que se passe-t-il dans votre vie qui n’est peut-être pas visible pour les autres — ni même pour vous ?
Ceci est le récit de ma première année de maternité, une année durant laquelle tant de choses ont évolué et m’ont traversée de manière invisible. Il s’adresse à toutes celles et ceux qui cheminent à travers leur propre transformation, qu’il s’agisse de devenir parent, de se lancer dans une nouvelle aventure ou de traverser toute période de changement profond.
Mentionné dans l’épisode :
– L’histoire de ma naissance HERE
– Épisode sur la grossesse HERE
– Découvrez mon coaching professionnel HERE
Mon histoire – Les heures les plus sombres : quand le sommeil devient un luxe
Le marathon qui ne s’arrête jamais
Soyons totalement honnête : les moments les plus difficiles de ma première année en tant que mère étaient tous liés au sommeil. Nous avons accueilli un bébé avec d’importantes difficultés de sommeil, des réveils fréquents la nuit, un besoin constant d’aide pour se rendormir, des siestes complexes pendant la journée.
C’est devenu notre plus grand défi.
Je me souviens être rentrée d’un voyage en Argentine, complètement épuisée. Le lendemain de notre arrivée, je n’arrivais pas à arrêter de pleurer. Les émotions débordaient, sans retenue. Nous étions au-delà de la fatigue. Ce n’était pas une lassitude ordinaire — c’était une privation de sommeil cumulative, étalée sur plus de dix mois.
Il y a eu des moments où je me tenais dans la chambre de mon bébé, essayant de l’aider à s’endormir, et les larmes coulaient simplement le long de mes joues. Je me disais : « Je n’y arrive plus. » D’autres fois, je le mettais dans la poussette, marchant dehors, le visage inondé de larmes, espérant que le mouvement finirait par l’endormir.
C’était comme courir un marathon sans ressources, sans eau, sans nourriture, sans préparation. Mais voici la réalité : on ne peut pas faire de pause dans ce marathon. On ne peut pas s’arrêter de courir. Et pourtant, d’une manière ou d’une autre, on continue.
Ce qui m’a permis de tenir.
Plusieurs bouées de sauvetage m’ont aidée à rester à flot:
– Les systèmes de soutien: le soutien incroyable de mon mari a été essentiel. La présence de ma mère aussi. Le fait d’avoir des membres de la famille capables de prendre le relais, même si, malgré tout, nous devions gérer les nuits seuls.
– La connexion: faire partie d’un groupe de mères dont les bébés étaient nés le même mois m’a énormément aidée. Savoir que d’autres vivaient aussi des difficultés de sommeil — pas toutes, mais suffisamment pour me rappeler que je n’étais pas seule — m’a donné de la force. L’expérience en elle-même ne change pas, mais le fait de s’y sentir reliée aux autres change absolument tout.
– L’espoir et les solutions: chaque fois que je me tournais vers quelqu’un de nouveau, que j’essayais une technique différente, je retrouvais un élan d’espoir. Ce n’est pas qu’une chose ait miraculeusement tout résolu, mais chaque tentative abordait un aspect du problème et me donnait la force de continuer.
– Les changements de perspective: au cœur de la nuit, je m’exerçais à respirer profondément, à tenir mon bébé contre moi, à me connecter à lui, et à me rappeler ceci : c’est temporaire. Un jour, il se pourrait que ces moments de proximité me manquent.
Une résilience inattendue : découvrir une force que je ne soupçonnais pas
Je suis surprise d’avoir tenu le coup. C’est la vérité.
Avant d’avoir un bébé, je savais que le sommeil était essentiel pour moi. Bien dormir, et je pouvais déplacer des montagnes. Mal dormir, et mon humeur s’effondrait. Alors imaginez traverser des mois de privation de sommeil intense.
La capacité que j’ai découverte, c’est celle de pouvoir encore trouver de la joie et de la présence malgré l’épuisement. J’ai appris à rester dans l’instant présent plutôt que de sombrer dans l’inquiétude du futur ou la rumination du passé. Et avec un enfant, on est naturellement ramené au présent.
J’ai essayé de faire évoluer mon état d’esprit autant que possible. Grâce au travail sur le mindset, j’ai appris à regarder cette expérience autrement, ce qui l’a rendue plus légère et plus facile à traverser. J’ai malgré tout vécu de beaux moments avec mes amis, ma famille, mon mari, mon bébé et même mes clients en coaching. La vie pouvait encore être savourée, pas en permanence, mais il y avait de nombreux instants précieux.
La révélation, c’est que je ne savais pas qu’on pouvait être à ce point privé de sommeil et continuer à fonctionner. Je ne fonctionnais pas à plein régime, mais je fonctionnais. Et cela, en soi, est un véritable témoignage de la résilience humaine.
Le parcours du corps : redécouvrir la force physique
Le courage de l’exercice post-partum
À toute mère qui reprend une activité physique après avoir accouché : vous êtes une championne. Vous méritez une médaille!
J’ai toujours été quelqu’un de très active… trente minutes par jour, six jours par semaine avant la grossesse. J’ai continué à faire du sport pendant toute ma grossesse, et même le jour de l’accouchement, en nageant doucement dans une piscine. Le mouvement est essentiel à ma santé, à mon bien-être et à mon équilibre.
Six semaines après la naissance, j’ai commencé des exercices post-partum légers et adaptés. Et j’ai été choquée. Mon corps donnait l’impression de n’avoir jamais fait de sport de toute sa vie. Je ne me reconnaissais plus. Il m’a fallu une immense détermination, beaucoup de foi et de force pour continuer.
Je me souviens de regarder des vidéos d’exercices en ligne en me disant : C’est trop dur. C’était le sentiment dominant, à chaque fois. Et j’ai réalisé que cela devait être ce que ressentent les personnes qui n’ont jamais fait de sport et qui commencent pour la première fois.
Le contexte de la récupération
Prenez un instant pour considérer ceci : vous êtes privée de sommeil, vous allaitez (ce qui demande une quantité énorme d’énergie), votre corps se remet d’un accouchement (qui peut être traumatisant de multiples façons), vous avez très peu de temps pour vous, et pourtant vous essayez de retrouver votre santé et votre équilibre.
Vous ne disposez pas des meilleurs piliers pour vous soutenir, et malgré tout, vous essayez. C’est héroïque.
Ma relation à mon corps s’est profondément transformée grâce à cette prise de conscience. J’ai développé une immense compassion pour tout ce que mon corps avait accompli, et pour tout ce qu’il continuait d’accomplir, chaque jour.
Transformation identitaire : lâcher pour devenir
Le piège de la productivite
Environ six ou sept mois après être devenue mère, je me suis sentie profondément improductive. En tant que personne à la tête d’une activité de coaching et d’arts de guérison — indépendante depuis plus de six ans, toujours en train de créer, produire, accomplir — ce sentiment était déstabilisant.
Les réseaux sociaux ont amplifié cette difficulté. En voyant des amis, des collègues et d’autres coachs annoncer des réussites et des promotions, j’ai commencé à me comparer. Waouh, je ne suis pas productive. Je n’avance pas dans ma vie. Ce piège de la comparaison, je le vois souvent chez mes clients, ce sentiment de ne pas être là où l’on devrait être à un certain âge ou à une certaine étape de vie.
Puis, quelque chose a tout changé.
Après avoir rendu visite à mes parents et enfin bénéficié d’un vrai soutien pour le sommeil, j’ai commencé à me sentir à nouveau moi-même. Cette sensation — celle de me reconnaître — était saisissante. J’ai réalisé que je ne m’étais pas sentie moi-même depuis des mois, peut-être même depuis avant la grossesse.
Et soudain, une évidence s’est imposée : »Gloria, comment peux-tu te juger ainsi? Tu as complètement oublié le contexte. »
Le contexte que j’avais ignoré?
– Je me jugeais pour mon manque de productivité alors que je vivais en même temps: une privation de sommeil sévère et cumulative
– l’apprentissage d’une compétence entièrement nouvelle (la maternité)
– un réajustement de tous les domaines de ma vie — mon couple, la dynamique familiale, le travail, la relation à moi-même
– la présence constante d’un être qui avait besoin de moi
– une récupération physique après la grossesse et l’accouchement
Je n’avais pas conscience de l’ampleur des transformations que je traversais. Et c’est là l’essentiel. Le travail de la maternité est invisible. La transformation est invisible. Mais elle est profonde et englobe absolument tout.
Les cadeaux : ce qui a émergé de l’épreuve
1. Une intuition amplifiée
Devenir mère m’a offert un terrain d’entraînement quotidien idéal pour développer l’intuition. Un bébé ne parle pas — il faut se connecter à une intelligence intuitive pour comprendre ses besoins, instant après instant.
Mon intuition, déjà solide grâce à mon travail de coaching, s’est développée de manière exponentielle.
Aujourd’hui, il m’arrive fréquemment de savoir qu’un événement va se produire avant qu’il n’arrive, qui va me contacter, quelle question sera posée, qui je vais croiser. Cette intelligence intuitive est l’une des formes d’intelligence les plus élevées, essentielle aux grandes transformations sociétales et aux découvertes majeures.
2. L’énergie et la sagesse du féminin
La maternité a activé une manière plus féminine de traverser la vie. En tant que cheffe d’entreprise, je travaillais déjà à développer cette qualité, et la maternité a accéléré le processus. J’ai appris à faire confiance au flux, à la présence et au guidage intuitif, plutôt qu’à la seule logique et à la force.
3. La compassion envers soi
J’ai développé une profonde compassion pour moi-même — et, par extension, pour tous les parents. Je comprends désormais, de façon viscérale, ce que vivent mes clients parents. Je peux l’affirmer avec une certitude absolue : si vous êtes parent et que vous traversez les défis de la petite enfance, vous êtes un·e champion·ne.
4. La confiance en soi
Ma confiance en moi s’est immensément approfondie. Lorsque l’on est entouré de conseils bien intentionnés et de nombreuses voix assurées qui vous disent quoi faire, apprendre à se faire confiance plus qu’à quiconque devient essentiel. Cela est vrai en parentalité, mais aussi dans tous les domaines de la vie.
Le travail invisible que nous devons valoriser
L’un de mes plus grands enseignements est la prise de conscience de la manière dont notre société sous-estime le travail de la parentalité. Si notre culture reconnaissait et célébrait réellement ce que les parents accomplissent chaque jour, j’aurais vu l’ampleur du travail que je faisais.
La maîtrise de soi nécessaire pour rester émotionnellement à l’écoute d’un bébé tout en étant sévèrement privée de sommeil, pour être douce, présente, patiente, est extraordinaire. Le fait de prendre soin, 24 heures sur 24, d’un être entièrement dépendant de vous est profondément transformateur. Et pourtant, ce travail reste largement invisible et non reconnu.
Mon engagement : à travers mon travail, notamment le jeu d’oracle »New Mother’s Oracle » que je suis en train de créer, je souhaite contribuer à changer cela. Mais cela commence aussi par nous, mères et parents, en reconnaissant et en célébrant notre propre magie.
Mama Magic : le symbole de la transformation
J’ai créé un dessin intitulé »Mama Magic »* qui capture l’essence de tout ce que j’ai appris. Il représente un cœur au centre — symbole de l’amour, là où tout prend racine. Du cœur émerge un arbre dont les plantes ressemblent à des flammes — symbolisant les bébés, la vie, l’élan vital que nous mettons au monde et que nous nourrissons.
Nous sommes le lien entre la terre et le ciel, entre les âmes non incarnées et la vie incarnée. Nous donnons littéralement naissance à la vie. C’est de la véritable magie.
J’ai fait broder ce dessin sur un t-shirt afin que les mères puissent se célébrer et se souvenir de leur impact incroyable sur le monde, même dans les moments d’épuisement. C’est un rappel même lorsque vous ne vous sentez pas au mieux, vous êtes de la magie en action.
* »Mama Magic », comme vous le voyez ci-dessous, contemplez l’art, laissez-le vous traverser, ressentez ce qu’il évoque dans votre corps, et dites-moi ce que cela fait surgir en vous.

Conclusion: Réflexions pour votre propre chemin
Que vous soyez mère, sur le point de le devenir, ou que vous traversiez toute autre expérience de vie profondément transformatrice, je vous invite à réfléchir à ces questions:
– Quelle a été votre heure la plus sombre cette année, et qu’est-ce qui vous a permis de la traverser ?
– Qu’est-ce qui vous a surpris dans votre propre résilience ? Quelle capacité avez-vous découverte, que vous ne soupçonniez pas ?
– Comment votre relation à votre corps s’est-elle transformée ?
– De qui — ou de quoi — avez-vous dû vous détacher pour devenir, et qu’est-ce qui a émergé dans cet espace ?
– À quel moment vous êtes-vous enfin autorisé·e à recevoir du soutien ? Qu’est-ce qui l’a rendu possible, et qu’est-ce qui a été difficile ?
– Pouvez-vous décrire un moment où l’amour était si immense qu’il en était presque effrayant ?
– Quelle médecine avez-vous incarnée cette année ?
– Si cette année avait un titre, quel serait-il ?
– Quel symbole représente votre parcours ?
L’intégration : donner du sens à l’expérience
Prendre le temps de réfléchir à nos expériences et de les intégrer est essentiel. Nous avons besoin de voir qui nous avons été, de reconnaître les apprentissages et d’identifier les dons que nous avons développés. C’est ainsi que nous pouvons réellement intégrer la sagesse et l’utiliser pour avancer.
Ces expériences ne nous arrivent pas simplement — elles deviennent une part de qui nous sommes. Elles façonnent notre manière d’être au monde et notre capacité à accompagner les autres.
Pour moi, cette première année de maternité a semé d’innombrables graines. Bien souvent, j’ai eu envie d’écrire sur ce que je vivais pour aider les autres, mais je n’en avais ni le temps ni l’énergie. Aujourd’hui, je partage enfin ces fruits, et j’espère qu’ils nourriront votre propre chemin.
Dernières pensées…toujours… vérifiez ton contexte actuel
Si vous ressentez quelque chose de particulier à votre égard en ce moment — improductivité, stagnation, impression de ne pas être là où vous devriez être faites une pause et observez le contexte:
-Êtes-vous soutenu·e ou isolé·e ?
-Quel est votre niveau d’énergie ?
-Quelles attentes placez-vous sur vous-même ?
-Que se passe-t-il dans votre vie qui n’est peut-être pas visible, mais qui continue pourtant de vous transformer ?
De nombreuses choses évoluent peut-être en vous, sans être visibles de l’extérieur. Ce ne sont peut-être pas celles que vous attendiez. Mais elles sont réelles, précieuses et profondément transformatrices.
Vous êtes de la magie en action, même et surtout lorsque vous ne parvenez pas à la voir vous-même.
Merci de m’avoir écoutée, podcast ‘The Inner Space‘ avec moi, Gloria Jensen.
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